CESE : L’agriculture régénératrice, une opportunité pour l’Europe et un levier de transformation avec Pour une Agriculture du Vivant

La triple crise que traverse notre époque : climat, biodiversité, dégradation des sols, impose une profonde réinvention de nos modèles agricoles. En juin 2025, le Comité économique et social européen (CESE) a publié un avis majeur qui reconnaît l’agriculture régénératrice comme une solution clé pour assurer une production alimentaire durable, résiliente et compétitive.

Le CESE donne son rapport sur l'Agriculture régénérative en Europe pour restaurer les sols et renforcer la souveraineté alimentaire.

Chez Pour une Agriculture du Vivant (PADV), nous partageons pleinement dans ce diagnostic qui considère la santé des sols comme un bien public, et œuvrons à rendre cette transition possible, grâce à nos outils, méthodes et dispositifs d’accompagnement adaptés aux agriculteurs et aux filières.

L’agriculture régénératrice, un changement de paradigme

Du durable au régénératif : dépasser la simple durabilité

Le CESE souligne que l’agriculture régénératrice va au-delà du concept de durabilité. Là où la durabilité vise à maintenir un équilibre, la régénération cherche à améliorer en continu fertilités des sols, les écosystèmes et les conditions de vie des agriculteurs.

  • C’est une agriculture basée sur les résultats, définis, mesurés et vérifiés, et non sur une liste de pratiques figées.
  • Elle encourage l’adaptation et l’innovation continue, en reconnaissant que chaque ferme et chaque territoire nécessitent des solutions spécifiques.

L’agriculture régénératrice place l’agriculteur au centre de la démarche. Elle repose sur le principe fondamental que chaque exploitation est unique, avec ses sols, son climat, son histoire et ses contraintes. C’est pourquoi elle n’impose pas un cahier des charges mais laisse la liberté aux agriculteurs de choisir les leviers adaptés.

Selon le CESE :

"C’est l’adhésion à des principes aboutissants à des résultats et des performances mesurables et vérifiables des terres agricoles dans un contexte spécifique."

Parmi les pratiques phares figurent : les cultures de couverture, le semis direct ou en bandes, la rotation des cultures, les cultures intercalaires ou sous-semis, l’agroforesterie, le paillage, la réduction des pesticides, les biofertilisants, ainsi que la gestion holistique des pâturages…

Mesure et indicateurs : le progrès au cœur du modèle

Cette approche nécessite aussi des indicateurs fiables et une gouvernance des données. Le CESE insiste sur la nécessité de centraliser les informations déjà existantes (télédétection, statistiques publiques, réseaux techniques) tout en garantissant la protection des données des agriculteurs
 
Pour les agriculteurs, cette approche ouvre des perspectives nouvelles : sortir d’une logique de conformité pour entrer dans une logique de progrès mesurable et valorisable en récompensant les résultats positifs, sans pour autant les pénaliser en cas d’échec. 

À savoir

Pour l’Autorité de la concurrence, toute donnée agricole est considérée comme potentiellement sensible. Dans le cadre du projet COVALO, elle a émis un avis positif sur le fait que le statut de tiers de confiance de PADV permettait d’assurer la collecte, l’agrégation et l’anonymisation des données de façon étanche entre les acteurs économiques des coalitions. Les agriculteurs ont donc la certitude de la protection de leurs données et de leur bonne exploitation tout en restant propriétaires de celles-ci. 

Mesure de la performance agricole par indicateurs régénératifs.

Un modèle agricole aux avantages multiples

Selon le CESE, les avantages sont considérables, à la fois pour les agriculteurs, les entreprises et la société :

Pour les agriculteurs

  • Augmentation de la résilience face aux aléas climatiques,
  • Réduction des intrants,
  • Amélioration des revenus à long terme et attractivité du métier.

Pour les entreprises

  • Sécurisation des chaînes d’approvisionnement,
  • Réduction des risques ESG et conformité avec les nouvelles réglementations,
  • Opportunité de créer de nouveaux produits issus de filières régénératrices (céréales diverses, agroforesterie, cultures de couverture).

Pour la société

  • Amélioration de la santé publique,
  • Restauration de la biodiversité et des cycles de l’eau,
  • Séquestration du carbone et réduction des émissions,
  • Atténuation des risques d’inondations, sécheresses et incendies.

En somme, l’agriculture régénératrice ne profite pas seulement aux fermes mais constitue un véritable levier systémique de résilience économique, sociale et environnementale.

À savoir

L’agriculture du Vivant c’est la voie, pour nos agriculteurs, notre santé, notre climat…  C’est la voie pour restaurer la fertilité des sols, produire de la biodiversité, protéger les ressources en eau, respecter le bien-être animal et recréer de la valeur pour tous, durablement. Avec notre Manifeste pour le Vivant, nous souhaitons accélérer la transition et contribuer à l’émergence d’une agriculture résiliente, protectrice et nourricière avec, comme bénéfice, un nouveau contrat social. Signez-le !

Un enjeu stratégique majeur pour l’Europe

Restaurer les sols européens dégradés

Le CESE rappelle que “60 à 70 % des sols européens sont dégradés“, du fait notamment de l’érosion, de la compaction et de la perte de matière organique. Cette situation fragilise la biodiversité et limite la capacité des sols à stocker le carbone. L’agriculture régénératrice est donc une priorité pour restaurer ces terres, améliorer leur fertilité et soutenir une productivité agricole durable.

L’agriculture rénératrice est donc indispensable pour :

  • préserver la souveraineté alimentaire,
  • assurer le renouvellement des générations agricoles,
  • maintenir le modèle agricole européen fondé sur des exploitations familiales. 

Contribution au Pacte vert européen et aux objectifs climat

Elle peut également être un levier majeur pour atteindre les objectifs du Pacte vert européen et des stratégies climat et biodiversité de l’UE. Mais au-delà, elle est porteuse d’un nouveau récit positif, capable de créer des synergies entre toutes les politiques européennes : protection de l’eau, gestion des sols, adaptation au changement climatique, économie circulaire et bioéconomie. Ainsi, elle permet d’articuler des stratégies encore trop cloisonnées et d’offrir aux agriculteurs une vision cohérente et incitative.

Dégradation des sols et solutions d’agriculture régénérative en Europe.

La nécessité d’une définition et d’indicateurs communs pour l’agriculture régénératrice

Un des apports majeurs du CESE est d’appeler à une définition commune de l’agriculture régénératrice, structurée autour des trois piliers de la durabilité (environnemental, social, économique).

Trois piliers : environnemental, social, économique

"L’agriculture régénératrice est une approche agricole adaptative et centrée sur les résultats appliquant des méthodes qui ont concrètement fait leurs preuves et sont fondées sur la science et qui ont des effets positifs sur l’environnement, sur les moyens de subsistance des communautés agricoles comme sur la santé publique, tout en garantissant la résilience des rendements, la compétitivité et l’efficacité ainsi que des résultats sociaux."

Elle ne doit pas être perçue comme une concurrence vis-à-vis de l’agriculture biologique ou de l’agriculture de conservation, mais comme un récit inclusif favorisant les synergies entre démarches existantes et stimulant la coopération public-privé.

La définition commune est également essentielle pour éviter toute privatisation du concept ou usage opportuniste. Acceptée par tous les acteurs : agriculteurs, filières, entreprises, institutions, elle garantira un langage partagé et des partenariats équitables.

Indicateurs de performance régénératrice (ICP)

Mais surtout, le CESE insiste sur la mise en place d’indicateurs de performance régénératrice (ICP) pour mesurer concrètement les résultats :

  • la photosynthèse et couverture des sols,
  • le carbone organique des sols,
  • la biodiversité,
  • l’évolution des intrants et des rendements.

Ces ICP doivent devenir la colonne vertébrale :

  • des politiques publiques (PAC, fiscalité, aides à la transition),
  • des financements privés et des fonds d’investissement,
  • des contrats de filière et mécanismes de rémunération des services écosystémiques.

Le CESE recommande d’aligner la PAC sur ces indicateurs, tant dans le premier que le second pilier, en associant les paiements à la performance régénératrice observée (photosynthèse, couverture des sols, biodiversité, carbone). 

Cela permettrait non seulement d’encourager la transition, mais aussi d’assurer une cohérence avec d’autres législations européennes (directive eau, taxonomie verte, reporting de durabilité des entreprises) et de soutenir l’émergence de nouveaux produits issus de la bioéconomie circulaire

L’Indice de Régénération de PADV : un outil opérationnel pour piloter la transition

L’Indice de Régénération (IR) crée par Pour une Agriculture du Vivant, est un outil de mesure de la performance et du progrès agroécologique des fermes et des filières, fondé sur trois niveaux agronomiques essentiels : sol, plante (et animal en élevage) et paysage. Utilisé par l’ensemble des acteurs : agriculteurs, coopératives, industriels & distributeurs, financeurs et acteurs publics, il offre un langage commun pour piloter la transition agroécologique. 

L’IR concilie enjeux techniques et économiques avec les défis environnementaux (carbone, eau, biodiversité) et ouvre l’accès à de nouveaux mécanismes de financement, comme les primes filières agroécologiques, déjà déployées sur 200 000 ha pour 390 000 tonnes de matières premières valorisées. Il s’appuie sur l’expertise d’un Conseil scientifique reconnu, garantissant la robustesse et la crédibilité de sa démarche.

À travers ses 12 indicateurs liés aux pratiques mises en place sur la santé des sols, des plantes et du paysage, l’Indice de Régénération permet de sécuriser des trajectoires de progrès vers des systèmes efficients dans l’usage des intrants, productifs et résilients, autant de résultats mesurables à travers les ICP.

Lever les freins à la transition de modèle agricole

Le CESE identifie plusieurs obstacles :

  • Manque de connaissance et de formation : la complexité des systèmes régénératifs nécessite des dispositifs pédagogiques adaptés.
  • Incertitudes réglementaires et administratives : l’empilement des normes freine les initiatives.
  • Risques financiers élevés en phase de transition : les premières années sont souvent fragiles et exigent des assurances ou crédits adaptés.
  • Absence de demande forte pour certains produits régénératifs : cultures de couverture, céréales diversifiées ou agroforesterie peinent encore à trouver des débouchés.
  • Difficultés d’accès au foncier : qui limitent l’installation des jeunes et des nouveaux entrants.

C’est pourquoi le CESE appelle à :

  • des services de conseil indépendants, déconnectés d’intérêts commerciaux,
  • des réseaux de pairs entre agriculteurs pour partager pratiques et réussites,
  • des outils financiers de transition : assurances récoltes, crédits préférentiels, incitations fiscales,
  • des marchés publics écologiques et un étiquetage transparent pour stimuler la demande en produits régénératifs.

À savoir

Autant de leviers que Pour une Agriculture du Vivant intègre déjà dans COVALO avec ses dispositifs d’accompagnement, en connectant agriculteurs, filières et territoires pour coconstruire des solutions durables et économiquement viables. Un projet inédit qui vise à répondre aux défis contemporains pour accélérer la transition agroécologique, au bénéfice des agriculteurs, des entreprises, des consommateurs et de l’environnement, avec le concours de tous les acteurs en présence, institutionnels, partenaires, financeurs, industriels, coopératives/négoces…

Différence entre agriculture durable et agriculture régénérative.

Pour une Agriculture du Vivant : mettre en œuvre la vision du CESE sur l’agriculture régénératrice

Notre mission est claire : accélérer la transition vers une agriculture vivante et régénératrice pour créer un nouveau contrat social autour de l’agriculture. Concrètement, nous proposons : 

  • des outils de mesure et de pilotage (Indice de Régénération),
  • un accompagnement individuel et collectif des filières et territoires,
  • des modélisations économiques pour valoriser les efforts des agriculteurs,
  • un rôle de tiers de confiance entre agriculteurs, entreprises et décideurs publics.

En cohérence avec l’avis du CESE, nous croyons que seule une approche collective, basée sur la mesure, la coopération et l’incitation, permettra de transformer durablement nos systèmes agricoles. 

Conclusion : l’agriculture régénératrice, clé de l’avenir agricole européen

Le CESE envoie un message fort : l’agriculture régénératrice n’est pas seulement une alternative, mais une voie incontournable pour l’avenir de l’Europe.

Chez Pour une Agriculture du Vivant, nous traduisons cette vision en actions concrètes aux côtés des agriculteurs, des entreprises et des institutions. Ensemble, nous pouvons faire de l’agriculture une solution vivante et régénératrice au service du climat, de la biodiversité et des générations futures.

À savoir

En complément de notre Démarche, notre mouvement a activement contribué à l’élaboration de la norme AFNOR SPEC Économie Régénératrice, le premier guide normatif visant à structurer et accélérer la transition vers une économie régénératrice. 
 
Cette norme offre un cadre structurant et évolutif pour harmoniser les démarches régénératrices à grande échelle. Cet engagement reflète notre volonté d’agir collectivement pour régénérer les écosystèmes, garantir leur résilience, améliorer les conditions de vie et de travail des individus, et la création de valeur à travers des modèles économiques ancrés dans les territoires. 

Questions fréquentes sur l’agriculture régénératrice et le CESE

Le CESE appelle à définir l’agriculture régénératrice comme une approche agricole adaptative et centrée sur les résultats, fondée sur la science, visant à restaurer les sols, améliorer la biodiversité, réduire les intrants et renforcer la résilience économique des agriculteurs. 

Parmi les pratiques phares : les cultures de couverture, la rotation longue, le semis direct, l’agroforesterie, la réduction des pesticides, les biofertilisants ou encore la gestion holistique des pâturages. 

Elle améliore la résilience face au climat, réduit la dépendance aux intrants, renforce la fertilité des sols et permet de sécuriser des revenus plus stables et durables.

Elle soutient le Pacte vert européen en favorisant la séquestration du carbone, la restauration des sols, la protection de l’eau et la biodiversité, tout en consolidant la souveraineté alimentaire. 

Le CESE préconise des indicateurs de performance (ICP) tels que la photosynthèse, la couverture des sols, le carbone organique et la biodiversité. L’Indice de Régénération, développé par PADV, est déjà un outil opérationnel de suivi et de pilotage. 

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