Le Rendez-vous des Dirigeants du Vivant - Édition 2025

Transition Agroécologique & Coopération Territoriale… (Ré)générons les possibles !

En avril 2025, le Rendez-vous des Dirigeants a réuni agriculteurs, coopératives, industriels, partenaires et institutionnels autour d’un même enjeu : comment faire de l’agroécologie une réalité concrète et partagée, et non plus une intention isolée ? Cette deuxième édition marque une étape clé : celle du passage de l’intention à l’action en partageant les premières avancées concrètes.

Un baromètre qui révèle un engagement par conviction

Présenté lors de l’événement, le baromètre des Dirigeants du Vivant, réalisé par l’association, offre une photographie précise des motivations, freins et attentes des acteurs du secteur.

Les dirigeants ne s’engagent pas dans l’agroécologie sous la contrainte réglementaire, mais par conviction.

des dirigeants placent la résilience économique et la compétitivité comme priorités indissociables de la transition agroécologique.
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s’engagent pour la résilience climatique, et 80% pour répondre aux attentes des consommateurs.
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estiment que la coopération entre acteurs est la clé pour lever les freins (manque de soutiens publics, risques économiques, complexité administrative).
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L’agroécologie n’est plus perçue comme une case à cocher, mais comme une condition de compétitivité à long terme. Quant aux freins identifiés – manque de soutiens publics (53 %), risque de baisse des rendements et coûts d’investissement (47 %), déficit d’harmonisation des indicateurs de performance (45 %) – ils tracent une feuille de route : simplifier l’accès aux dispositifs, mieux partager la valeur créée, construire des outils de mesure communs. 

COVALO, la coalition qui fait tomber les silos

Le programme COVALO incarne cette bascule. Financé par France 2030 et un collectif de partenaires engagés, il rassemble sur cinq territoires agriculteurs, coopératives, industriels, acteurs publics et financeurs autour d’une même feuille de route : co-construire des trajectoires de transition adaptées à chaque territoire, déployer des outils communs comme l’Indice de Régénération, expérimenter de nouveaux modèles économiques et structurer une gouvernance locale partagée.

Sur le terrain, la coalition COVALO Hauts-de-France illustre concrètement ce que ce modèle change. Jérôme Hary, agriculteur chez Tereos, résume ainsi ce qui l’a convaincu de s’engager :

« On nous parle souvent d’agroécologie comme d’une contrainte. Mais pour nous, c’est d’abord une question de bon sens : moins labourer, diversifier les rotations, restaurer les sols… C’est notre métier, notre passion. Ce qui nous manque, c’est la simplicité et la reconnaissance. Avec COVALO, on avance enfin ensemble, avec des outils clairs et un accompagnement adapté. »

Du côté des coopératives et des industriels, l’enjeu est similaire : sortir d’une logique où chaque acteur avance seul. Philippe Touchais, d’UNEAL, qui accompagne 6 000 agriculteurs dans la région, résume l’ambition : « COVALO, c’est l’opportunité de créer un langage commun et des socles techniques partagés, pour que les efforts de chacun soient valorisés ». Un constat partagé par Christophe Vieillard, de Bonduelle, pour qui l’enjeu est désormais de « fédérer toute la chaîne de valeur, des producteurs aux consommateurs ».

La mise en place de coopération demande du temps, de la pédagogie, et l’acceptation d’un certain droit à l’erreur. Comme le souligne Anne Trombini, directrice générale de PADV : « ce que nous construisons ici, c’est une méthode, des outils, une vision commune, pour faire émerger une création de valeur partagée et une véritable résilience. »

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Un cadre juridique inédit pour sécuriser les coopérations

L’un des apports majeurs de cette édition 2025 concerne le cadre réglementaire. Coopérer entre acteurs d’une même chaîne de valeur, parfois concurrents, soulève en effet des questions de droit de la concurrence. C’est pourquoi PADV a saisi l’Autorité de la concurrence (ADLC) pour savoir si le projet COVALO pouvait s’appuyer sur l’article 210 bis du règlement OCM (Organisation Commune des Marchés), qui permet, sous conditions, d’initier des projets collectifs visant une norme de durabilité supérieure.

Maître Rachel Nakache, avocate de PADV et spécialiste du droit de la concurrence, a présenté les conclusions de cette consultation, une première en Europe pour le secteur agricole :

« Cette consultation de l’article 210 bis est une première, je tiens à le souligner, qui fait jurisprudence pour le monde agricole et ce à l’échelle européenne ! »

Les Orientations Informelles rendues par l’ADLC valident le principe de l’Indice de Régénération, à condition de garantir la liberté des agriculteurs dans leurs choix techniques, l’objectivité et la non-discrimination entre acteurs, ainsi qu’un pilotage par un tiers de confiance, rôle que joue PADV dans le dispositif. Ce cadre sécurise juridiquement les échanges de données et les coopérations au sein des coalitions, tout en ouvrant la voie à leur déploiement dans d’autres régions.

Le premier Paiement pour Services Environnementaux régénératif

Autre avancée concrète présentée lors de cette journée : le lancement, en Hauts-de-France, du premier Paiement pour Services Environnementaux (PSE) régénératif de France. Porté par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie en partenariat avec PADV, ce dispositif mobilise un budget de 6 millions d’euros sur cinq ans pour accompagner 84 agriculteurs, en les rémunérant pour les services écosystémiques qu’ils rendent : stockage carbone, amélioration de la qualité de l’eau, préservation des sols.

Isabelle Matykowski, de l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, explique l’enjeu spécifique de son territoire, où 95 % de l’eau consommée provient de nappes souterraines fragilisées par le changement climatique : « Le PSE Régénératif est une réponse concrète : il permet de financer des pratiques vertueuses tout en sécurisant les revenus des agriculteurs. C’est un modèle réplicable, à condition d’avoir des indicateurs clairs et un pilotage territorial fort. »

Ce dispositif illustre un changement de posture des acteurs publics, qui ne sont plus de simples financeurs mais deviennent, selon les mots d’Hugo Menestret de la Banque des Territoires, des inventeurs de « modèles financiers hybrides, mixant fonds publics et privés ». Depuis son lancement, plus de quarante collectivités ont manifesté leur intérêt pour répliquer ce modèle, la Métropole de Lille ayant même engagé une démarche concrète en ce sens.

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Ce que retiennent les acteurs de terrain

Au-delà des dispositifs et des cadres juridiques, cette édition 2025 a aussi donné la parole à ceux qui portent la transition au quotidien. Anton Sidler, agriculteur et éleveur à La Vache Heureuse  a rappelé que dans le Nord, le taux de matière organique des sols est passé de 3,5-4 % à 1,5 % en soixante ans, sous l’effet du labour intensif. « Ce qu’on a mis 40, 50, 60 ans à dégrader, on ne le répare pas en cinq ans. Plus que jamais, il faut qu’on s’unisse, qu’on garde les fondamentaux en tête, et qu’on travaille ensemble pour un avenir meilleur.»

En clôture, Justin Amiot, conseiller agriculture de l’Association des Régions de France, a resitué ces avancées dans un contexte plus large, celui de la souveraineté alimentaire européenne. Pour lui, la clé de la transition tient en une phrase : « aucun acteur seul ne détient la solution : c’est en réunissant tous les partenaires – acteurs publics, économiques, chambres consulaires, collectivités… – que l’on peut construire la confiance nécessaire à la transition. »

Massifier les coalitions territoriales : la prochaine étape

Ce Rendez-vous des Dirigeants du Vivant 2025 montre que l’agroécologie s’incarne désormais dans des outils concrets (l’Indice de Régénération, les coalitions territoriales comme COVALO, le PSE régénératif), dans un cadre juridique sécurisé, et dans des alliances qui dépassent les logiques de concurrence habituelles entre agriculteurs, coopératives, industriels et acteurs publics.

La prochaine étape, largement évoquée lors de cette journée, consiste à massifier ces initiatives : dupliquer le modèle des Hauts-de-France sur d’autres territoires, intégrer ces dispositifs dans des politiques plus incitatives, efficaces et adaptées, et convaincre un cercle toujours plus large que la transition est non seulement souhaitable, mais économiquement viable.

Les podcasts des Dirigeants du Vivant

Découvrez des parcours inspirants de dirigeants d’entreprises agroalimentaires ou de coopératives qui ont engagé la transition agroécologique. En toute sincérité, ils partagent leurs engagements et leurs questionnements pour agir en faveur d’une agriculture plus responsable et transformer durablement leurs entreprises !

Passez du bureau au champ avec le Podcast des Dirigeants du Vivant !

Pour aller plus loin...

Un projet innovant de valorisation public-privé, créé avec l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, pour accélérer la transition agroécologique, couvrir les risques des agriculteurs et rémunérer les services écosystémiques rendus.

Répondre aux défis de la transition agroécologique, autour d’une initiative stratégique innovante : la création de coalitions territoriales public-privé pour financer et déployer la transition agricole et alimentaire à grande échelle.

Le mouvement Pour une Agriculture du Vivant est le tiers de confiance de la transition agricole et alimentaire. Le mouvement engage tous les acteurs afin de transformer notre modèle actuel à bout de souffle, en une agriculture créatrice de valeurs…