À travers REXAgri, Pour une Agriculture du Vivant met en lumière des agriculteurs qui expérimentent concrètement la transition agroécologique sur le terrain.
La mise en place d’une variété de blé Rouge de bordeaux a pour objectif de mieux valoriser, relocaliser la vente et diminuer les apports d’azote minéral.
Je cherche depuis toujours à optimiser les charges et les coûts de production. Cela m’a mené à cultiver des blés offrant une meilleure valorisation. J’ai d’abord essayé différentes variétés de blé améliorant et suite à un partenariat avec un meunier local, je me suis orienté vers le blé rouge de Bordeaux. Cette variété est traditionnellement utilisée par les agriculteurs bio, car elle est peu exigeante en azote. Ce blé est acheté a un meilleur prix par les meuniers, car la teneur en gluten y est inférieure à celle des variétés traditionnelles, ce qui rend la digestibilité meilleure. En 2021, lors de la première utilisation de cette variété, j’ai mis un peu plus de 100 unités. Les blés ont atteint une hauteur d’environ 1,60 m, j’ai dû les réguler (cycocel) et cependant, ils se sont quand même couchés. Le rendement et la qualité n’ont donc pas été bons. En 2022, j’ai donc diminué les doses mais le blé s’est quand même couché. Depuis, je n’en mets plus que 20 et j’obtiens des rendements entre 35 et 50 qtx en moyenne. Il m’arrive d’utiliser un régulateur si les blés sont trop développés.
Je suis satisfait de ce blé, car il me permet de réduire les doses d’azote apportées, de 20 unités au lieu de 140 pour un blé classique, tout en ayant des rendements corrects (40-50 qtx) avec une meilleure valorisation économique via les filières courtes. Il faut toutefois rester vigilant quant à la hauteur de ce blé et au risque de verse.


