À travers REXAgri, Pour une Agriculture du Vivant met en lumière des agriculteurs qui expérimentent concrètement la transition agroécologique sur le terrain.
Dans cet épisode, Jean-Paul Dallene et Alexandre Moreul nous partagent leur pratique : le pré-buttage d’automne en culture de pomme de terre pour l’un, la gestion des couverts végétaux et des résidus organiques en culture de haricot vert pour l’autre. Deux approches concrètes au service de sols mieux préservés et plus vivants.
Le pré-buttage d’automne en pomme de terre : une piste agroécologique pour mieux gérer les sols
Dans les systèmes de production de pommes de terre, le travail du sol reste un enjeu majeur, à la fois agronomique et environnemental. Parmi les pistes explorées en agroécologie, le pré-buttage d’automne apparaît comme une technique prometteuse.
Le principe consiste à former les buttes dès l’automne, avant l’implantation de la culture au printemps. Cette anticipation permet ensuite de semer un couvert végétal sur ou entre les buttes, afin de protéger et structurer le sol durant l’hiver.
Plusieurs essais montrent que cette approche peut contribuer à :
- limiter le travail du sol au printemps,
- améliorer la structure et la portance des buttes,
- favoriser l’activité biologique,
- et réduire les phénomènes d’érosion et de battance.
Cependant, la technique reste délicate à maîtriser. La gestion du couvert, les conditions climatiques hivernales et la reprise au printemps sont des facteurs déterminants. Des croûtes de battance ou des problèmes de reprise de structure peuvent encore nécessiter une intervention mécanique.
Après plusieurs années d’essais, les retours d’expérience indiquent qu’il est possible d’obtenir des résultats satisfaisants, mais avec une forte variabilité selon les conditions de sol et de météo.
Le pré-buttage d’automne s’inscrit ainsi dans une démarche plus large d’adaptation de la culture de pomme de terre aux principes de l’agriculture de conservation des sols.
Haricot vert et réduction du travail du sol : une piste concrète en cultures légumières
Dans les systèmes légumiers, la réduction du travail du sol est un levier de plus en plus exploré pour améliorer la fertilité des sols, limiter l’érosion et renforcer leur activité biologique.
Un retour d’expérience sur la culture du haricot vert met en avant une approche combinant réduction de travail du sol et gestion de résidus organiques importants.
Dans ce système, des bandes d’essai ont été mises en place 1 an avant le semis des haricots avec différents mélanges de couverts végétaux. Croisé avec ces différents mélanges, différentes dates de destruction et différents types de travail du sol ont été mis en place. Cela s’inscrit dans une logique de sol couvert plus longtemps et d’un travail du sol réduit.
Les observations montrent que :
- le travail du sol (labour ou non labour) n’impacte pas le rendement,
- le retardement de la destruction trop proche du semis impacte négativement le rendement en haricot (cela favorise la présence de ravageurs)
Ce type de conduite illustre les principes de l’agroécologie appliqués au maraîchage : réduire les perturbations du sol, augmenter les apports organiques et favoriser la vie biologique.
Cependant, ces systèmes demandent une forte technicité et une observation fine des sols, notamment pour éviter les déséquilibres de structure ou de fertilité.


