Lancé en 2024 par l’association Pour une Agriculture du Vivant, en partenariat avec l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, le projet inédit de PSE Régénératif dans les Hauts-de-France a pour objectif de couvrir le risque des agriculteurs s’engageant dans la transition agroécologique, via un dispositif de financement public-privé et de les rémunérer pour les services écosystémiques rendus.
Parmi les agriculteurs engagés, Maximilien Péchon, céréalier à Beaucourt-en-Santerre, témoigne de son expérience et de l’intérêt du projet pour son exploitation.

Changer ses pratiques pour une agriculture plus résiliente dans les Hauts-de-France
Agriculteur de quatrième génération, Maximilien cultive des céréales, des betteraves et des pommes de terre sur son exploitation. Lorsqu’il reprend la ferme en 2018, il y apporte une nouvelle approche, plus en phase avec sa vision de l’agriculture.
« Avant, on labourait systématiquement et on appliquait les recommandations sans trop se poser de questions. Mais j’ai voulu prendre une autre direction pour rendre l’exploitation plus résiliente, et j’ai eu la chance que mon père me suive dans cette démarche. »
Progressivement, il adopte de nouvelles pratiques : réduction des engrais et des produits phytosanitaires, implantation de couverts végétaux entre les cultures, allongement des rotations. Il s’appuie également sur des outils de précision et des systèmes GPS pour mieux piloter ses interventions.
« L’objectif est d’être plus efficace, de maintenir, voire d’améliorer les rendements, tout en réduisant l’impact environnemental et les coûts de production. Mais seul, ce n’est pas toujours évident. »


Un accompagnement financier pour sécuriser la transition
C’est en 2024, par l’intermédiaire de sa coopérative, Cristal Union, qu’il entend parler pour la première fois du PSE Régénératif. Il assiste alors à une première réunion d’information et se reconnaît immédiatement dans la démarche.
« J’étais déjà dans cette logique et cette vision agronomique, mais le projet m’a apporté un cadre structurant et des objectifs clairs. Ça motive à aller plus loin. »
Pour faciliter leur transition, les agriculteurs engagés dans le projet bénéficient d’un appui économique : des primes filières versées par leurs clients couvre une partie des surcoûts liés aux pratiques mises en place, associée par un paiement de l’Agence de l’Eau Artois-Picardie pour les services environnementaux rendus.
Si cet accompagnement financier n’est pas la seule motivation de Maximilien, il représente néanmoins un levier important pour sécuriser sa transition.
« On ne fait pas ça uniquement pour la prime : c’est une reconnaissance concrète des efforts fournis. Et dans un contexte de marges serrées, c’est un vrai plus. Ça permet d’investir plus sereinement dans du matériel ou des nouvelles techniques. »
En parallèle du soutien aux agriculteurs, le PSE Régénératif porte un objectif environnemental clair : améliorer l’état écologique de cinq masses d’eau prioritaires, situées dans la Somme, l’Aisne et le Pas-de-Calais pour garantir la qualité et la disponibilité de l’eau sur le territoire. Et les pratiques agroécologiques sont un excellent levier pour ce faire : la réduction des engrais et des produits phytosanitaires réduit les risques de contamination des nappes phréatiques et des cours d’eau ; L’implantation de couverts végétaux et l’allongement des rotations des cultures améliorent l’infiltration de l’eau, réduisent le ruissellement et renforcent la résilience des sols face aux épisodes de sécheresse.
Pour Maximilien Péchon, cette approche est essentielle pour assurer la durabilité de son exploitation.
« En limitant les intrants et en travaillant mieux nos sols, on réduit le ruissellement et la pollution des nappes. Nous, agriculteurs, sommes les premiers concernés par la qualité de l’eau. Autant être acteurs du changement. »
Une dynamique collective pour aller plus loin
En plus du soutien financier et des bénéfices environnementaux, le PSE Régénératif s’appuie sur une dynamique collective, où agriculteurs pionniers et débutants échangent pour progresser ensemble dans leurs transitions. En rejoignant le projet, Maximilien bénéficie d’un accompagnement technique et d’échanges réguliers avec d’autres agriculteurs, ce qui lui permet d’affiner ses pratiques et de prendre du recul sur ses choix.
« On est souvent seuls sur nos exploitations, et échanger avec d’autres agriculteurs de la région qui rencontrent les mêmes problématiques, c’est essentiel. On partage nos essais, nos erreurs, nos réussites.
Seul, on peut vite se sentir dépassé par la quantité d’informations et le risque financier. Là, on a un cadre, des objectifs et un accompagnement. Et si demain, ces démarches sont mieux reconnues et valorisées par les consommateurs, ce sera un vrai pas en avant. »
Pour Maximilien, le PSE Régénératif est bien plus qu’un simple dispositif d’accompagnement : c’est un levier pour sécuriser sa transition, améliorer la durabilité de son exploitation et préserver les ressources naturelles. Convaincu de son intérêt, il espère que cette dynamique se déploiera largement dans les Hauts-de-France.








