Initiée en 2024, le Projet “Bourse Recherche-Action à la Ferme” (BRF) a pour objectif de mettre en lumière les pratiques novatrices et les démarches exemplaires d’agriculteurs engagés dans l’agroécologie. Porté par la Mirova Foundation, fonds de dotation de Mirova, ce programme s’intègre dans un accompagnement sur mesure qui associe appui financier, développement des compétences et stratégie de communication.
Chaque mois, le projet met à l’honneur le portrait d’un agriculteur pionnier, partageant son expérience dans sa transition agroécologique : préservation des sols, biodiversité et bénéfices concrets au quotidien.
Laurent Isambert : une exploitation bio et en agriculture de conservation au cœur de la Beauce
Laurent Isambert est agriculteur en Beauce. Il est arrivé sur l’exploitation familiale avec son père dans les années 2000. Jusqu’en 2015, il a travaillé en association avec son père. Au départ, l’exploitation comprenait des bâtiments de volaille, mais ceux-ci ont été arrêtés afin de pouvoir se consacrer exclusivement à l’atelier de production végétale.
Une transition réfléchie vers le bio et le travail du sol minimum
L’année 2018 marque un tournant important avec une double transition vers l’agriculture biologique (AB) et l’agriculture de conservation (ACS). Bien qu’il pratiquait déjà un travail réduit sur certaines cultures, la campagne 2018 a été marquée par des pratiques plus importantes, comme le semis direct ou l’arrêt des produits de synthèse. Cette évolution a été réfléchie pendant plusieurs années et a notamment été motivée par les échanges collectifs réalisés par le GIEE Terre de Vie et les conférences organisées sur le sujet, qui ont « semé une graine » dans son esprit.
Aujourd’hui, l’exploitation est donc en bio et en travail du sol minimum, deux pratiques pas évidentes à concilier, mais qui sont facilitées par les observations de terrain et l’utilisation de certains outils. Notamment le scalpeur Kick Finn ou encore la houe rotative, qui sont deux outils permettant la meilleur de gestion des adventices de son système.
Des pratiques innovantes pour optimiser cultures et fertilisation
Un autre point clé de l’exploitation est la fertilisation azotée, qui repose sur les apports réalisés par les légumineuses (aucun apport d’azote minéral et très peu de matière organique azotée). En plus des légumineuse de la rotation, il y a de nombreuses cultures sont associées, par exemple l’orge et les pois, qui sont récoltés ensemble, puis triés après la moisson. Et d’autres cultures sont sous couvert (de trèfle, par exemple).
De plus un des objectifs de laurent est d’améliorer la valorisation des cultures avec le label bio mais pas seulement. Pour ce faire, l’assolement est diversifié (triticale, haricot rouge, lentille, fèverole, etc.) comprend notamment des cultures valorisées en semences ou encore des cultures associées à des légumineuses. Cela est facilité par une installation de stockage/triage sur l’exploitation, qui permet de trier et de stocker les volumes exigés par les clients.