À travers REXAgri, Pour une Agriculture du Vivant met en lumière des agriculteurs qui expérimentent concrètement la transition agroécologique sur le terrain.
Dans cet épisode, Nicolas Vadez et Timothée Gueroult nous partagent leur pratique : un système de striptill combiné pour concilier sol vivant et désherbage mécanique en betterave sucrière pour l’un, un billon d’automne associant féverole et couvert végétal en pomme de terre pour l’autre. Deux itinéraires techniques ajustés au fil des années pour limiter le travail du sol tout en restant opérationnels
Striptill en betteraves sucrières : sécuriser le semis tout en gardant la porte ouverte au désherbage mécanique
Sur sols séchants en betterave sucrière, préserver la capillarité du sol tout en gardant la possibilité d’un désherbage mécanique est un vrai défi technique. Le retour d’expérience sur plusieurs années de Nicolas présente l’évolution d’un système de striptill vers un outil combiné, pensé pour concilier ces deux objectifs.
L’itinéraire associe un fissurateur combiné à une herse alternative et des éléments de rappui, afin d’obtenir une surface de semis plane tout en conservant les bénéfices du non-travail du sol sur la capillarité.
Les résultats sont satisfaisants : un passage unique de l’outil combiné permet de conserver la terre fine en surface, avec un guidage précis (GPS + guidage par disques) qui facilite le repositionnement du semoir sur les lignes de travail.
Nicolas a développé cette approche combinée et ajustée après avoir constaté qu’un travail du sol trop réduit peut, certaines années, rendre le désherbage mécanique plus difficile en présence d’une grande quantité de résidus.
Le billon d'automne en pomme de terre : une piste pour limiter le tassement
En culture de pomme de terre, limiter le tassement à l’emplacement des buttes et faciliter la reprise du sol au printemps sont des enjeux importants. Le retour d’expérience de Timothée présente une technique de billon d’automne, associant féverole enfouie et couvert végétal semé au même moment que le billonnage.
Malgré un développement du couvert plus limité, la structuration apportée par l’activité des vers de terre a permis de maintenir une bonne porosité dans le billon.
La mise en œuvre demande cependant du matériel conséquent, notamment en traction, avec un risque de tassement en profondeur à l’emplacement des roues qui impose de bonnes conditions d’intervention. La levée du couvert reste par ailleurs aléatoire selon la météo, et sa destruction mécanique s’avère complexe.
Des pistes d’amélioration sont explorées, notamment l’implantation d’une grosse graine derrière le passage des roues pour décompacter en profondeur, ainsi qu’un essai en parallèle d’une technique à plat avec compostage de surface.
Cette pratique illustre comment ajuster progressivement un itinéraire technique pour limiter le tassement du sol tout en s’appuyant sur l’activité biologique naturelle.