À travers REXAgri, Pour une Agriculture du Vivant met en lumière des agriculteurs qui expérimentent concrètement la transition agroécologique sur le terrain.
Dans cet épisode, Robert Cecchetti et Denis Peyrissac nous partagent leur pratique : la régénération du sol avant replantation d’un verger pour l’un, l’implantation de seigle dans une prairie permanente pour sécuriser le fourrage d’été pour l’autre. Deux approches concrètes au service de sols plus vivants et de systèmes plus autonomes.
Régénérer le sol avant de replanter un verger
Avant de replanter un verger, la qualité et la vie du sol conditionnent la reprise et la vigueur des jeunes arbres. Dans ce nouveau retour d’expérience en arboriculture, Robert met en avant une approche de régénération du sol engagée avant une nouvelle plantation de pommiers.
Après l’arrachage d’un ancien verger, un apport massif de broyats de déchets verts a été réalisé sur la parcelle, suivi d’un semage de blé puis d’un couvert végétal d’été, enfoui avant la préparation classique du sol pour la replantation. Un couvert de printemps a ensuite été semé en inter-rang, une fois les pommiers replantés.
Les résultats sont encourageants : la matière organique du sol a progressé, la capacité du sol à retenir les éléments minéraux s’est améliorée, et l’activité biologique mesurée est bonne. Les jeunes arbres montrent une bonne reprise et de la vigueur dès la première saison, et le couvert de printemps contribue à protéger le sol et la vie microbienne tout en préparant la suite.
Un point de vigilance à noter : la qualité des broyats peut être variable d’un lot à l’autre, ce qui invite à en vérifier la composition avant apport.
Cette approche illustre comment une préparation du sol basée sur les apports organiques, la rotation et les couverts végétaux peut soutenir la résilience hydrique et la fertilité durable d’un verger.
Du seigle dans la prairie : sécuriser le stock fourrager d'été
Face aux périodes de sécheresse estivale et pour ne pas entamer les réserves hivernales, disposer d’un stock fourrager de sécurité est un enjeu majeur pour les éleveurs en système herbager. Le retour d’expérience de Denis en élevage bovin allaitant explore l’implantation de seigle directement dans une prairie permanente, sans la détruire.
Le seigle est semé en direct à l’automne, à forte densité, dans la prairie vivante. Une première coupe est réalisée tôt au printemps, avant que la prairie ne reprenne le dessus.
Les résultats sont positifs : la productivité globale de la prairie est améliorée, avec une coupe de seigle plus riche en matière sèche qu’un foin classique, et une bonne valeur alimentaire pour les vaches en période estivale. La fauche précoce du seigle laisse aussi à la prairie la possibilité de repartir pour une seconde coupe ou d’être pâturée.
Attention toutefois à l’implantation du seigle qui reste sensible à la concurrence de la prairie à l’automne, en particulier si l’herbe est trop vigoureuse ou le semis trop tardif.
Cette expérience illustre comment associer culture fourragère annuelle et prairie permanente, sans destruction, pour sécuriser l’autonomie alimentaire d’un élevage.