À travers REXAgri, Pour une Agriculture du Vivant met en lumière des agriculteurs qui expérimentent concrètement la transition agroécologique sur le terrain.
Dans cet épisode, Romuald Carrouge et Nicolas Hyais nous partagent leur pratique : l’implantation de sarrasin en culture dérobée et l’utilisation du scalpeur comme levier alternatif contre les dicotylédones résistantes. Deux pistes concrètes pour diversifier les cultures et réduire la dépendance aux produits phytosanitaires.
Striptill en betteraves sucrières : sécuriser le semis tout en gardant la porte ouverte au désherbage mécanique
Sur sols séchants en betterave sucrière, préserver la capillarité du sol tout en gardant la possibilité d’un désherbage mécanique est un vrai défi technique. Le retour d’expérience sur plusieurs années de Nicolas présente l’évolution d’un système de striptill vers un outil combiné, pensé pour concilier ces deux objectifs.
L’itinéraire associe un fissurateur combiné à une herse alternative et des éléments de rappui, afin d’obtenir une surface de semis plane tout en conservant les bénéfices du non-travail du sol sur la capillarité.
Les résultats sont satisfaisants : un passage unique de l’outil combiné permet de conserver la terre fine en surface, avec un guidage précis (GPS + guidage par disques) qui facilite le repositionnement du semoir sur les lignes de travail.
Nicolas a développé cette approche combinée et ajustée après avoir constaté qu’un travail du sol trop réduit peut, certaines années, rendre le désherbage mécanique plus difficile en présence d’une grande quantité de résidus.
Le scalpeur : un levier alternatif contre les dicotylédones résistantes
Réduire la dépendance au glyphosate à faible dose, notamment face aux dicotylédones les plus résistantes, est un enjeu pour de nombreux agriculteurs. Le retour d’expérience de Nicolas présente une piste concrète pour diversifier les leviers de gestion des adventices avec l’utilisation du scalpeur comme outil alternatif.
Après un faux semis réalisé au déchaumeur à disques, le scalpeur est passé à faible profondeur, juste sous la zone d’enracinement des adventices, afin de les faire ressortir et de provoquer leur dessèchement.
Les résultats sont plutôt satisfaisants pour lutter contre les dicotylédones résistantes mais quelques points de vigilance subsistent :
- un risque de bourrage en présence de plantes rampantes,
- l’importance de bien exposer les racines au sec pour favoriser le dessèchement,
- le rôle clé du peigne de l’outil, qui pourrait être amélioré pour mieux soulever les adventices.