L’agriculture durable assure la pérennité des systèmes de production agricole en répondant à des enjeux sociaux, économiques et écologiques. Les objectifs ? Préserver, voire améliorer, les ressources naturelles, tout en produisant suffisamment avec des coûts raisonnables.
David Diane
Directeur de la communication
Que faut-il retenir sur l’agriculture durable ?
- L’agriculture durable concilie trois piliers indissociables : économique, environnemental et social. Ses repères : le rapport Brundtland (1987) et les 17 Objectifs de développement durable de l’ONU (2015).
- Ce n’est pas un label, mais une démarche globale qui vise la pérennité des fermes et des ressources naturelles.
- Elle s’appuie sur des pratiques concrètes : rotation des cultures, couverture des sols, agroforesterie, gestion économe de l’eau, réduction des intrants.
- Elle se distingue de l’agriculture raisonnée (qui optimise les intrants) et trouve sa forme la plus ambitieuse dans l’agriculture régénératrice (qui restaure les sols).
Qu'est-ce que l'agriculture durable ?
L’agriculture durable désigne tout simplement une manière de produire qui reste viable dans le temps : nourrir la population d’aujourd’hui sans épuiser les ressources – sols, eau, biodiversité – dont dépendront les générations futures. Plutôt qu’une technique unique, c’est plutôt une vision d’ensemble de la ferme et de l’agriculture.
Et quels sont les principes de l’agriculture durable ?
Pour y parvenir, elle cherche à concilier trois dimensions indissociables, héritées du développement durable :
- Économique : des fermes rentables et transmissibles, avec un revenu juste pour l’agriculteur.
- Environnementale : préserver les sols, l’eau, l’air et la biodiversité, et réduire le recours aux intrants chimiques.
- Sociale : de bonnes conditions de travail et un accès de tous à une alimentation de qualité.
Important à retenir : l’agriculture durable n’est pas un label, mais une démarche globale et évolutive. Elle regroupe plusieurs approches – agroécologie, agriculture de conservation, agriculture biologique… – qui partagent le même objectif : produire mieux, sur le long terme.
Un peu d’histoire sur l’agriculture durable
Le développement durable, pour les générations d'aujourd'hui et de demain
- Le terme de développement durable est apparu en 1987, suite à la publication d’un rapport de la Commission mondiale pour le développement et l’environnement de l’ONU : il s’agit « d’un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Le développement durable repose ainsi sur une vision transversale impliquant des enjeux sociaux, économiques et écologiques, qui s’est précisée tout au long de ces quarante dernières années.
- Depuis 1987, les ambitions du développement durable se sont affinées. En septembre 2000, le Sommet du millénaire de l’ONU a été l’un des tournants majeurs, avec la signature de la Déclaration du Millénaire par 193 États membres, dont la France, qui ont réaffirmé, entre autres, leur engagement vis-à-vis des principes du développement durable. Quinze ans plus tard, ces mêmes pays adoptent le programme de développement durable à l’horizon 2030 : l’Agenda 2030. Au total, 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) y sont fixés, imbriqués les uns aux autres.
Les objectifs de l’agriculture durable
Parmi les 17 ODD plusieurs concernent de très près le secteur agricole, comme par exemple :
- Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable ;
- Établir des modes de consommation et de production durables ;
- Prendre d’urgence des mesures pour lutter contre les changements climatiques et leurs répercussions ;
- Préserver et restaurer les écosystèmes terrestres.
L’agriculture, un enjeu majeur du développement durable
Depuis les années 50, l’agriculture n’a de cesse augmenter sa capacité de production et améliorer ces rendements. Encouragée par la croissance de la population mondiale et la diffusion des modes/habitudes de consommation occidentale, l’agriculture est devenue celle que l’on appelle aujourd’hui : agriculture intensive.
Toutefois, l’agriculture intensive présente certaines limites, notamment en termes de gestion des ressources naturelles et du respect de l’environnement. Ainsi, 1/3 des terres arables se sont dégradées, avec une perte de 75 % de la diversité génétique des cultures, et 22 % des races animales sont en danger. D’où la nécessité d’une agriculture durable.
Selon la FAO, l’agriculture durable a pour objectif de « favoriser des écosystèmes sains et une gestion durable de la terre, de l’eau et des ressources naturelles, tout en garantissant une sécurité alimentaire mondiale ». Ce qui passe par « d’importantes améliorations en ce qui concerne l’efficacité de l’usage des ressources, la protection de l’environnement et la résilience des systèmes ».
L’agroécologie au service d’une agriculture durable
En pratique, de nombreux leviers techniques sont déjà mis en œuvre dans les exploitations agricoles et font l’objet de recherche en continu sur divers thèmes : gestion de l’eau, couverture des sols, usage des terres, biodiversité, réduction des produits phytosanitaires, régulation biologique, fertilisation azotée, sélection animale, alimentation des animaux….
Dans ce sens, l’agroécologie vise à réduire la consommation d’intrants et à préserver les ressources naturelles, et à renforcer la durabilité des exploitations, y compris dans son volet sociétal. Une excellente approche donc, pour mettre en application une stratégie de développement d’une agriculture et une alimentation durable à grande échelle encouragée en France par le ministère en charge de l’Agriculture depuis 2012.
Agriculture durable et agriculture raisonnée : est-ce la même chose ?
Non, car justement ce sont deux notions distinctes, même si toutes deux cherchent à réduire l’impact de l’agriculture (intensive) sur l’environnement. La confusion est fréquente, mais leur ambition n’a pas la même portée.
- L’agriculture raisonnée poursuit un objectif plus restreint : optimiser l’usage des intrants. Autrement dit, n’appliquer que la dose d’engrais ou de pesticides réellement utile, sans pour autant les supprimer. Elle a reposé sur un référentiel d’État jusqu’en 2013, avant d’être remplacée par la certification environnementale. Elle ajuste donc les pratiques existantes, sans changer de modèle.
- L’agriculture durable, elle, va bien plus loin. Elle ne se limite pas aux intrants : elle englobe tout le système – santé des sols, biodiversité, gestion de l’eau, climat – mais aussi la viabilité économique de la ferme et sa dimension sociale. Là où l’agriculture raisonnée corrige à la marge, l’agriculture durable repense la production sur le long terme.
Et quelle différence avec l'agriculture régénératrice ?
Si l’agriculture durable cherche à ne pas dégrader les ressources, l’agriculture régénératrice va un cran (beaucoup) plus loin : elle vise à les restaurer activement. L’objectif n’est plus seulement de “maintenir”, mais d’améliorer l’état des sols, de la biodiversité et du cycle de l’eau, génération après génération.
Concrètement, elle mise sur des sols vivants : couverture végétale permanente, arrêt ou réduction du labour, retour de la matière organique, intégration des animaux et des arbres. Des sols en meilleure santé stockent davantage de carbone, retiennent mieux l’eau et redeviennent fertiles sans dépendre des intrants de synthèse
L’indice de Régénération : un référentiel commun pour l’avenir de tous
L’Indice de Régénération (IR), développé par PADV, est le fruit d’une collaboration scientifique et de terrain. Cet outil constitue un référentiel agronomique commun et scientifiquement validé permettant de mesurer la performance agroécologique des systèmes agricoles. Il agrège des indicateurs liés aux pratiques (couverture des sols, diversité des cultures, travail du sol…) et aux résultats (biodiversité, fertilité, résilience).
Véritable boussole agronomique, il est déjà utilisé par des milliers d’agriculteurs, des dizaines de coopératives, d’entreprises et d’organismes de financement pour structurer des filières agroécologiques et financer la transition.