Chaque mois, nous mettons à l’honneur le portrait d’un agriculteur pionnier, partageant son expérience dans sa transition agroécologique : préservation des sols, biodiversité et bénéfices concrets au quotidien.

Alain Sagot : De la ferme familiale à la coopération entre agriculteurs
Alain Sagot est agriculteur au nord du Loiret. Ayant grandi sur l’exploitation familiale, il a suivi un BTS en machinisme au lycée du Chesnoy avant de partir pour un voyage de deux ans en Afrique. Il s’installe ensuite en 1990 sur une exploitation de 150 hectares, avec des cultures de céréales, de betteraves et un élevage de dindes progressivement arrêté.
À partir des années 2000, Alain commence réfléchir en vue d’une association avec des agriculteurs voisins. Cette réflexion permet de mutualiser le travail, de partager les connaissances techniques et de mieux répartir les tâches.
Mutualiser les moyens pour gagner en résilience
En 2004, une SEP (Société en Participation) est créée : un statut qui permet aux trois fermes de fusionner sur le plan fiscal. Cela conduit à la vente d’une partie du matériel et à une mutualisation des compétences et de la matière grise pour faciliter les décisions collectives. Au total, l’exploitation représente alors environ 450 hectares, et les cultures de chaque associé sont reprises dans une même structure.
De l’agriculture raisonnée à la conservation des sols
Après s’être investi dans le GEDA de Pithivier, Alain et ses collègues s’orientent vers des pratiques d’agriculture raisonnée, afin de maintenir la fertilité des sols et la stabilité des rendements et la rentabilité de l’exploitation. L’arrivé de son fils Dorian et les observations de terrain liées au dérèglement climatique canicules, pluviométrie changeante, érosion éolienne des sols, diminution des périodes de gel hivernal amènent Alain à s’intéresser à l’agriculture de conservation des sols. Un type d’agriculture en lien avec les programmes AgroEcoSens et Agrognon.
Adapter les pratiques face au changement climatique
Cela se traduit sur son exploitation par la mise en place de davantage de couverts végétaux et par une réduction progressive du travail du sol, d’abord sur les terres les plus difficiles puis sur la majorité de l’exploitation (semis direct pour les couverts et certaines céréales ou encore strip-till pour les oignons et les betteraves). Cette recherche d’évolution se traduit également par l’utilisation localisée des engrais pour limiter les pertes, ainsi qu’à la modification de l’eau de traitement pour améliorer l’efficacité des substances actives.
Vers une agriculture plus autonome et régénératrice
Dans une recherche d’autonomie azotée, l’assolement intègre aujourd’hui une part importante de légumineuses, aussi bien en cultures principales (gesse semence, féverole semence, pois potager semence) qu’en cultures intermédiaires.