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Le Rendez-vous des Dirigeants du Vivant - Édition 2025
Transition Agroécologique & Coopération Territoriale… (Ré)générons les possibles !
En avril 2025, le Rendez-vous des Dirigeants a réuni agriculteurs, coopératives, industriels, partenaires et institutionnels autour d’un même enjeu : comment faire de l’agroécologie une réalité concrète et partagée, et non plus une intention isolée ? Cette deuxième édition marque une étape clé : celle du passage de l’intention à l’action en partageant les premières avancées concrètes.
Un baromètre qui révèle un engagement par conviction
Présenté lors de l’événement, le baromètre des Dirigeants du Vivant, réalisé par l’association, offre une photographie précise des motivations, freins et attentes des acteurs du secteur.
Les dirigeants ne s’engagent pas dans l’agroécologie sous la contrainte réglementaire, mais par conviction.
L’agroécologie n’est plus perçue comme une case à cocher, mais comme une condition de compétitivité à long terme. Quant aux freins identifiés – manque de soutiens publics (53 %), risque de baisse des rendements et coûts d’investissement (47 %), déficit d’harmonisation des indicateurs de performance (45 %) – ils tracent une feuille de route : simplifier l’accès aux dispositifs, mieux partager la valeur créée, construire des outils de mesure communs.
COVALO, la coalition qui fait tomber les silos
Le programme COVALO incarne cette bascule. Financé par France 2030 et un collectif de partenaires engagés, il rassemble sur cinq territoires agriculteurs, coopératives, industriels, acteurs publics et financeurs autour d’une même feuille de route : co-construire des trajectoires de transition adaptées à chaque territoire, déployer des outils communs comme l’Indice de Régénération, expérimenter de nouveaux modèles économiques et structurer une gouvernance locale partagée.
Sur le terrain, la coalition COVALO Hauts-de-France illustre concrètement ce que ce modèle change. Jérôme Hary, agriculteur chez Tereos, résume ainsi ce qui l’a convaincu de s’engager :
« On nous parle souvent d’agroécologie comme d’une contrainte. Mais pour nous, c’est d’abord une question de bon sens : moins labourer, diversifier les rotations, restaurer les sols… C’est notre métier, notre passion. Ce qui nous manque, c’est la simplicité et la reconnaissance. Avec COVALO, on avance enfin ensemble, avec des outils clairs et un accompagnement adapté. »
Du côté des coopératives et des industriels, l’enjeu est similaire : sortir d’une logique où chaque acteur avance seul. Philippe Touchais, d’UNEAL, qui accompagne 6 000 agriculteurs dans la région, résume l’ambition : « COVALO, c’est l’opportunité de créer un langage commun et des socles techniques partagés, pour que les efforts de chacun soient valorisés ». Un constat partagé par Christophe Vieillard, de Bonduelle, pour qui l’enjeu est désormais de « fédérer toute la chaîne de valeur, des producteurs aux consommateurs ».
La mise en place de coopération demande du temps, de la pédagogie, et l’acceptation d’un certain droit à l’erreur. Comme le souligne Anne Trombini, directrice générale de PADV : « ce que nous construisons ici, c’est une méthode, des outils, une vision commune, pour faire émerger une création de valeur partagée et une véritable résilience. »
Un cadre juridique inédit pour sécuriser les coopérations
L’un des apports majeurs de cette édition 2025 concerne le cadre réglementaire. Coopérer entre acteurs d’une même chaîne de valeur, parfois concurrents, soulève en effet des questions de droit de la concurrence. C’est pourquoi PADV a saisi l’Autorité de la concurrence (ADLC) pour savoir si le projet COVALO pouvait s’appuyer sur l’article 210 bis du règlement OCM (Organisation Commune des Marchés), qui permet, sous conditions, d’initier des projets collectifs visant une norme de durabilité supérieure.
Maître Rachel Nakache, avocate de PADV et spécialiste du droit de la concurrence, a présenté les conclusions de cette consultation, une première en Europe pour le secteur agricole :
« Cette consultation de l’article 210 bis est une première, je tiens à le souligner, qui fait jurisprudence pour le monde agricole et ce à l’échelle européenne ! »
Les Orientations Informelles rendues par l’ADLC valident le principe de l’Indice de Régénération, à condition de garantir la liberté des agriculteurs dans leurs choix techniques, l’objectivité et la non-discrimination entre acteurs, ainsi qu’un pilotage par un tiers de confiance, rôle que joue PADV dans le dispositif. Ce cadre sécurise juridiquement les échanges de données et les coopérations au sein des coalitions, tout en ouvrant la voie à leur déploiement dans d’autres régions.
Le premier Paiement pour Services Environnementaux régénératif
Autre avancée concrète présentée lors de cette journée : le lancement, en Hauts-de-France, du premier Paiement pour Services Environnementaux (PSE) régénératif de France. Porté par l’Agence de l’Eau Artois-Picardie en partenariat avec PADV, ce dispositif mobilise un budget de 6 millions d’euros sur cinq ans pour accompagner 84 agriculteurs, en les rémunérant pour les services écosystémiques qu’ils rendent : stockage carbone, amélioration de la qualité de l’eau, préservation des sols.
Isabelle Matykowski, de l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, explique l’enjeu spécifique de son territoire, où 95 % de l’eau consommée provient de nappes souterraines fragilisées par le changement climatique : « Le PSE Régénératif est une réponse concrète : il permet de financer des pratiques vertueuses tout en sécurisant les revenus des agriculteurs. C’est un modèle réplicable, à condition d’avoir des indicateurs clairs et un pilotage territorial fort. »
Ce dispositif illustre un changement de posture des acteurs publics, qui ne sont plus de simples financeurs mais deviennent, selon les mots d’Hugo Menestret de la Banque des Territoires, des inventeurs de « modèles financiers hybrides, mixant fonds publics et privés ». Depuis son lancement, plus de quarante collectivités ont manifesté leur intérêt pour répliquer ce modèle, la Métropole de Lille ayant même engagé une démarche concrète en ce sens.
Ce que retiennent les acteurs de terrain
Au-delà des dispositifs et des cadres juridiques, cette édition 2025 a aussi donné la parole à ceux qui portent la transition au quotidien. Anton Sidler, agriculteur et éleveur à La Vache Heureuse a rappelé que dans le Nord, le taux de matière organique des sols est passé de 3,5-4 % à 1,5 % en soixante ans, sous l’effet du labour intensif. « Ce qu’on a mis 40, 50, 60 ans à dégrader, on ne le répare pas en cinq ans. Plus que jamais, il faut qu’on s’unisse, qu’on garde les fondamentaux en tête, et qu’on travaille ensemble pour un avenir meilleur.»
En clôture, Justin Amiot, conseiller agriculture de l’Association des Régions de France, a resitué ces avancées dans un contexte plus large, celui de la souveraineté alimentaire européenne. Pour lui, la clé de la transition tient en une phrase : « aucun acteur seul ne détient la solution : c’est en réunissant tous les partenaires – acteurs publics, économiques, chambres consulaires, collectivités… – que l’on peut construire la confiance nécessaire à la transition. »
Massifier les coalitions territoriales : la prochaine étape
Ce Rendez-vous des Dirigeants du Vivant 2025 montre que l’agroécologie s’incarne désormais dans des outils concrets (l’Indice de Régénération, les coalitions territoriales comme COVALO, le PSE régénératif), dans un cadre juridique sécurisé, et dans des alliances qui dépassent les logiques de concurrence habituelles entre agriculteurs, coopératives, industriels et acteurs publics.
La prochaine étape, largement évoquée lors de cette journée, consiste à massifier ces initiatives : dupliquer le modèle des Hauts-de-France sur d’autres territoires, intégrer ces dispositifs dans des politiques plus incitatives, efficaces et adaptées, et convaincre un cercle toujours plus large que la transition est non seulement souhaitable, mais économiquement viable.
Les podcasts des Dirigeants du Vivant
Découvrez des parcours inspirants de dirigeants d’entreprises agroalimentaires ou de coopératives qui ont engagé la transition agroécologique. En toute sincérité, ils partagent leurs engagements et leurs questionnements pour agir en faveur d’une agriculture plus responsable et transformer durablement leurs entreprises !
Passez du bureau au champ avec le Podcast des Dirigeants du Vivant !
Flavian Ibled
Carbon Farmers
Flavian Ibled, cofondateur de Carbon Farmers, aborde dans cet épisode une question centrale pour l’avenir de l’agriculture : comment financer concrètement la transition des exploitations tout en préservant leur viabilité économique ? Il revient sur le fonctionnement du marché volontaire du carbone, les mécanismes de crédits carbone et de primes filières, ainsi que sur les conditions nécessaires pour rapprocher agroécologie et agriculture bas carbone. Au cœur de l’échange : la conviction que la transition ne pourra se généraliser sans modèles économiques solides et sans mobilisation collective.
Matthieu Archambeaud
Icosystème
Agronome et cofondateur d’Icosystème, Matthieu Archambeaud apporte dans cet épisode plus de 25 ans d’expérience au service des sols et de la transformation des systèmes agricoles. Il revient sur les grands défis auxquels le monde agricole fait face (dépendance aux intrants, volatilité des prix, pression climatique…) et sur les leviers concrets pour construire des exploitations plus résilientes. Il aborde également la place de la formation et de la pédagogie dans la transition : comment passer d’un modèle descendant à une démarche qui permette aux agriculteurs de devenir pleinement acteurs du changement ? Et quel rôle les coopératives et les dirigeants ont-ils à jouer dans ces transformations profondes ? Matthieu nous dit tout !
Rachel Nakache
Cabinet Nakache Descoins
Rachel Nakache, avocate de l’association Pour une Agriculture du Vivant et spécialiste du droit de la concurrence, répond dans cet épisode à une question peu souvent posée : le droit peut-il accélérer la transition agroécologique ? Elle explore les règles qui encadrent la coopération entre acteurs agricoles, les zones de friction entre droit et innovation collective, et les conditions pour sécuriser des projets de filière. Elle revient notamment sur le projet COVALO, initiative multi-acteurs visant à structurer la transition à l’échelle des territoires, qui a conduit à obtenir des positions inédites de l’Autorité de la concurrence.
Philippe Touchais
UNEAL
Philippe Touchais, directeur innovation et filières d’UNEAL, nous partage sa vision pragmatique de la transition à l’échelle d’une coopérative accompagnant près de 6 000 agriculteurs dans les Hauts-de-France. Pour mener la transition, il revient sur la construction de références agronomiques de terrain, l’expérimentation aux côtés des agriculteurs, l’accompagnement individuel et collectif, mais aussi la transformation interne nécessaire pour faire évoluer une organisation de grande ampleur ou, encore les raisons pour UNEAL d’avoir rejoint la coalition territoriale COVALO Hauts-de-France.
Bertrand Morand
Coopérative U
Dans cet épisode, Bertrand Morand, Responsable Filières et Partenariats agricoles à la Coopérative U, revient sur son parcours et sur la manière dont une enseigne de distribution peut accompagner la transition agroécologique. Il évoque la construction des filières U, la gouvernance coopérative et l’intégration des coûts de production pour sécuriser l’avenir agricole. Il partage aussi l’évolution des cahiers des charges et le travail en coalitions territoriales pour valoriser rotations, réduire les pesticides et renforcer le lien entre producteurs, industriels et magasins.
Olivier Maugeais
Pom'Evasion
Olivier, Directeur de Pom’Evasion, nous parle de la transition agroécologique engagée par cette organisation collective de producteurs de pommes et de poires implantée dans les Deux-Sèvres. Dès 2008, la structure a amorcé une transformation profonde de ses pratiques pour répondre à l’appauvrissement des sols et aux limites des modèles intensifs. Convaincue que la régénération du vivant conditionne la résilience des exploitations et la pérennité économique de la filière, Pomme Évasion a engagé ses producteurs dans une démarche progressive mêlant expérimentation, accompagnement technique et travail collectif. Comment structurer une telle transformation, embarquer les équipes, concilier écologie et économie, et quel regard Olivier porte-t-il sur ce chemin exigeant ? Olivier nous dit tout !
Maxime Durand
Beyond Green
Maxime Durand, cofondateur et directeur général de Beyond Green, nous parle de la transition agroécologique portée par ce groupe engagé pour une alimentation plus juste et durable. Créé en 2019, Beyond Green regroupe aujourd’hui plusieurs marques qui accompagnent les agriculteurs vers des pratiques agroécologiques, tout en valorisant leurs productions auprès des distributeurs. Convaincu que la résilience des exploitations est indissociable de modèles économiques cohérents, le groupe s’appuie sur des filières structurées et des indicateurs partagés pour piloter la transformation. Comment bâtir un tel modèle, embarquer l’ensemble des acteurs et inscrire cette démarche dans la durée ? Maxime nous dit tout !
Pierre Clément
Cérélia
Pierre, Directeur des Achats chez Cérélia, nous parle de la transition agroécologique portée par ce groupe agroalimentaire international, fabricant depuis plus de 50 ans de pâtes à tarte, pizzas, cookies, pancakes et gaufres. Convaincu que la résilience des exploitations agricoles est indispensable à la pérennité de ses activités, Cérélia a développé des filières de blé issues de l’agriculture régénérative, en partenariat avec meuniers, coopératives et négociants locaux. Comment structurer une telle transformation, impliquer les agriculteurs comme les équipes commerciales, et quel regard porte Pierre sur ce chantier collectif ? Pierre nous dit tout !
Geoffrey Goulin
Val de Gascogne
Geoffrey, Responsable Agriculture Durable & Innovation chez le Groupe coopératif Val de Gascogne (Gamm Vert, Gers Farine, Presse de Gascogne…), nous parle de la transition agroécologique portée par une coopérative ancrée dans son territoire. Face aux impacts du changement climatique et aux attentes concrètes de ses agriculteurs, Val de Gascogne a mis en place une démarche pragmatique et structurée pour accompagner la transition. Comment accompagner les exploitations grâce à ValSol, l’Indice de Régénération et le projet COVALO Sud-Ouest, et quel regard porte Geoffrey sur cette dynamique collective ? Geoffrey nous dit tout !
Charles Dezitter
McCain
Charles, Directeur du développement durable chez McCain, nous parle de la transition agroécologique de cette célèbre marque canadienne spécialisée dans la pomme de terre. Pour assurer la durabilité de la filière et agir à la fois pour l’environnement et le bien-être de ses agriculteurs, l’entreprise a décidé de les accompagner dans l’amélioration et la transformation de leurs pratiques. Comment accompagner cette transformation et quel regard porte-t-il sur le sujet… Charles nous dit tout !
Anthony Thuaud
Pasquier
Anthony, Directeur général de l’activité Biscotte chez Brioche Pasquier, nous parle de la transition agroécologique au sein de cette célèbre marque de brioches, biscottes et pâtisseries. Pour garantir des approvisionnements responsables, Brioche Pasquier, très impliquée sur son territoire comme à l’international, a fait le pari du collectif, en développant des filières agroécologiques. Comment construire cette transformation et quel regard porte-t-il sur le sujet… Anthony nous dit tout !
Edwige Charles
Terrena
Directrice Innovation Agricole Durable et RSE chez Terrena, Edwige partage avec nous les actions déjà engagées et les ambitions pour cette coopérative de l’ouest de la France. Consciente des effets du dérèglement climatique sur les 20 000 agriculteurs adhérents, elle et son groupe explorent des solutions pour accélérer la transition et la résilience des exploitations. Découvrez comment Terrena a construit cette transformation vers l’agroécologie pour concilier durabilité, innovation et résilience…
David Saladin
Nutrition & Santé
David Saladin, Directeur Achats et Supply Chain chez Nutrition & Santé (Gerblé, Céréales Bio…), nous révèle comment son entreprise s’appuie sur la force du collectif pour accélérer la transition agroécologique. Fort d’une expérience de plus de 30 ans dans la construction de filières agricoles durables, Nutrition & Santé mise aujourd’hui sur des engagements partagés et des outils concrets pour transformer ses chaînes d’approvisionnement. Plongez au cœur de cette aventure collective… David nous dit tout !
Laurent Lemarchand
Natup
Laurent, Directeur agro-industrie et développement chez NatUp, nous parle de la transition agroécologique mise en place au sein de la coopérative normande. Regroupant plus de 7000 agriculteurs, elle s’appuie sur son ancrage local pour initier une démarche de progrès vers des pratiques agricoles durables. Non issu du monde agricole, découvrez son parcours ainsi que la dynamique collective qu’il a déployée à l’échelle de sa coopérative pour fédérer l’ensemble des parties prenantes autour de la transition agricole… Laurent nous dit tout !
Philippe Musellec
Les Celliers Associés
Directeur général de Les Celliers Associés, Philippe nous parle de la transition agroécologique qu’il a mise en place au sein de sa coopérative spécialisée dans le cidre et le jus de pomme. La coopérative travaille avec ses 300 agriculteurs pour mettre en place des pratiques vertueuses. Philippe voit dans l’agroécologie un levier pour un avenir durable des filières cidricoles et de jus de pomme et une réponse aux attentes du marché. Comment accompagne-t-il cette transition et quel regard porte-t-il sur le sujet… Philippe nous dit tout !
Olivier de Bohan
Cristal Union
Olivier de Bohan, agriculteur et Président de Cristal Union, nous partage sa vision et les actions de son groupe coopératif, leader de la filière betteraves-sucre en France. Avec 9 000 adhérents et 13 sites industriels, le groupe Cristal Union soutient ses agriculteurs dans la transformation de leurs pratiques pour allier compétitivité et respect de l’environnement. Plongez au cœur de cette transformation et découvrez comment Cristal Union concilie performance économique et préservation des sols… Olivier nous dit tout !
Pour aller plus loin...
Un projet innovant de valorisation public-privé, créé avec l’Agence de l’Eau Artois-Picardie, pour accélérer la transition agroécologique, couvrir les risques des agriculteurs et rémunérer les services écosystémiques rendus.
Répondre aux défis de la transition agroécologique, autour d’une initiative stratégique innovante : la création de coalitions territoriales public-privé pour financer et déployer la transition agricole et alimentaire à grande échelle.
Le mouvement Pour une Agriculture du Vivant est le tiers de confiance de la transition agricole et alimentaire. Le mouvement engage tous les acteurs afin de transformer notre modèle actuel à bout de souffle, en une agriculture créatrice de valeurs…