Référentiel végétal

Priorité à la biodiversité et à un sol vivant ! 

L’agriculteur.trice engagé dans une démarche avec Pour une Agriculture du Vivant se fixe des objectifs chiffrés, qui concernent toutes les dimensions de sa production :

  • Couverture végétale des sols sur l’année
  • Stockage de carbone
  • Intensité du travail du sol
  • Gestion phytosanitaire de ses cultures
  • Biodiversité à l’échelle de la ferme
  • Agroforesterie
  • Se former aux pratiques de l’agroécologie

Les TrajectoireS proposées par Pour une Agriculture du Vivant proposent de faire avancer les filières végétales sur les critères suivants :

    1/ Nourrir le sol

      En même temps que l’on réduit les perturbations mécaniques, on nourrit le sol, ou plutôt ses habitants, en y laissant toujours en surface des végétaux, qu’ils soient morts (de la paille ou du bois) ou vivants. En effet, les plantes sont l’énergie du sol ! Elles apportent à manger aux organismes qui y habitent et qui participent à son fonctionnement. Si le sol n’est jamais nu parce qu’une plante, vivante ou morte est systématiquement posée dessus, on atteint un état que l’on appelle sol toujours couvert”.

      De nombreuses techniques sont disponibles pour y arriver et constituent un éventail de choix qui va répondre à la grande variété des cultures, des surfaces et des contextes de sol ou de climat. Elles supposent en revanche un matériel spécifique (Roll’n sem, matériel de semis direct…) et un apprentissage qui peut être long.

        2/ Protéger le sol de toute agression

          On arrête progressivement le travail intensif du sol pour ne plus détruire l’habitat des êtres vivants qui y vivent : vers de terre, insectes, champignons, bactéries… Les outils qui mélangent et grattent le sol sont donc supprimés dès que cela est possible : on sème et on récolte, c’est tout.

          On atteint alors un état que l’on appelle sol non travaillé, dans lequel le ver de terre, pour prendre un exemple emblématique, pourra vivre à son optimum. Les cycles naturels de la fertilité des plantes peuvent alors se reconstituer et la dépendance à la chimie de synthèse est fortement réduite.

            En arboriculture par exemple, on peut stimuler la végétation entre les arbres en semant des espèces variées ou bien en laissant la végétation spontanée recouvrir le sol. On la laisse fleurir afin qu’elle nourrisse les insectes puis elle est maîtrisée par des techniques douces de fauchage ou de roulage, pour que la récolte ou la taille puissent se faire.

            En maraîchage également, on peut utiliser des plantes que l’on ne récoltera pas (“couverts végétaux”) pour couvrir le sol entre deux cultures.
            Ici, un couvert de phacélie et de féverole en maraîchage sous tunnel dans le sud de la France. Sous ce couvert, les autres plantes indésirables sont contrôlées, les habitants du sol sont nourris et protégés et la structure du sol est améliorée par la présence des racines. Le couvert sera coupé et laissé sur place (un festin pour les vers de terre), et on plantera une production de légumes à travers ce matelas.

            3/ Augmenter la matière organique

              L’agriculteur.trice permet ainsi une augmentation du taux de matière organique de son sol en créant de l’humus. L’humus constitue la réserve en nourriture du sol, pour les plantes et pour les autres êtres vivants. L’évolution est suivie au fil des ans. Plus de matière organique dans le sol, c’est aussi stocker du carbone et donc favoriser la réduction des gaz à effet de serre et ainsi lutter contre le changement climatique.

              4/ Diminuer des apports en intrants de synthèse

                En parallèle de cette réorganisation majeure du fonctionnement du sol, l’agriculteur.trice diminue les apports en intrants de synthèse ; chaque ferme, en fonction de ses cultures, de son terroir,, utilisera des solutions alternatives différentes pour faire travailler en priorité le vivant. A terme, les pesticides de synthèse doivent être employés dans les cas extrêmes pour « sauver » une production en danger.

                La fertilisation des cultures, quant-à elle, se fait dès que cela est possible par de la matière organique animale (dans les régions d’élevage).

                5/ Préserver la biodiversité

                  Pour finir, la ferme doit allouer au moins 10% de sa surface agricole en réservoir de biodiversité, sauvage ou cultivée, grâce à des haies, des arbres, des zones boisées ou humides, des couverts mélangés, etc. C’est le double de la norme européenne actuelle. Ce réservoir constitue une immense bibliothèque d’espèces auxiliaires, potentiellement disponibles en cas d’accident climatique ou biologique, par exemple face aux espèces invasives qui surgissent brutalement.

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