MELON

Cette cucurbitacée issue de l’agriculture du vivant a-t-elle assez d’arguments pour prendre le melon ? Verdict à la fin de l’article.

D’où vient-il ?

Grandi dans l’Hérault, à vingt kilomètres de Montpellier et dix de la mer, ce melon à la chair tonique prend racine sur des terres historiquement viticoles. La joie, voire l’ivresse, qu’il pourrait en retirer sont malheureusement ternies par une pression foncière à laquelle ses cultivateurs doivent faire face. Vaillants chevaliers des cucurbitacées, Estelle et Guillaume Bouet défendent leurs 45 hectares de melons contre vents et agents immobiliers.
Contre le vent, ils en mettent 15 hectares sous serre et le reste sous des chenilles, petites cabanes plastifiées et aérées qui protègent les plantes des aléas du climat et des insectes.
Contre les mauvaises herbes, qui feraient concurrence aux fruits en leur chipant les nutriments dans le sol, Estelle et Guillaume installent un « paillage » qui est en fait une bâche plastique noire posée au centimètre près par un tracteur guidé au gps qui évite l’utilisation d’herbicides.

Attendez, attendez… ! On parle d’agriculture du vivant. Peut-on vraiment être vivant, sous plastique et bercé par le ronron de tracteur téléguidé ?
Bonne question, à laquelle nous répondons : c’est possible. Car, l’agriculture du vivant est une forme d’agriculture à grande échelle avec des objectifs de rendements. Estelle et Guillaume emploient de tels procédés techniques car ils ont la volonté de proposer un maximum de bons melons (bons au goût et pour la santé) à un maximum de gens et à un prix raisonnable, qui leur permettra à eux aussi de bien manger.
Vous venez d’apprendre la règle de trois de l’agriculture du vivant.
Et comble agricole, si vous allez faire un tour dans les champs de Lansargues avec cette idée de champ en plastique, vous serez déçus. Tout est vert. Car les 45 hectares de melon (et le reste d’ailleurs) sont bel et bien vivants.

Les trois piliers

Estelle et Guillaume appliquent à la lettre les trois piliers de l’agriculture du vivant :

  • Pas de labour (« ça a été difficile la première année parce qu’on trouvait que ça faisait sale tout ce vert. »)
  • Entre deux cultures, la terre est toujours couverte soit par des plantes broyées, soit par des cultures (salade, sorgho…), soit par de l’engrais vert (radis, vesce, avoine…).
  • Un assolement réfléchi, c’est-à-dire que les agriculteurs cultivent des choses différentes chaque année sur une même parcelle, pour ne pas épuiser les sols, ni favoriser les maladies.

Le melon de Lansargues fait donc partie de ceux qui mûrissent dans un paysage riche et enrichissant.

Qui est-il ?

Selon Estelle, il est un melon charentais jaune mais pas si jaunissant que ça (comprendre que la peau reste bien verte). Et puis, il est « très écrit ». Sans être devin, on lira son histoire de fruit bien élevé sur les nervures qui parcourent sa peau. Les plus intuitifs pourront peut-être en déduire qu’il a ce goût profond (mais pas madérisé !) des vrais bons melons.

Contre les mauvaises herbes, qui feraient concurrence aux fruits en leur chipant les nutriments dans le sol, Estelle et Guillaume installent un « paillage » qui est en fait une bâche plastique noire posée au centimètre près par un tracteur guidé au gps qui évite l’utilisation d’herbicides.

Attendez, attendez… ! On parle d’agriculture du vivant. Peut-on vraiment être vivant, sous plastique et bercé par le ronron de tracteur téléguidé ?

Peut-il prendre le melon ?

Certainement.

Et si, comme l’aimeraient Estelle et Guillaume, il grandit à l’avenir dans des champs où le sol n’est pas travaillé et est couvert par des plantes vraiment adaptées au territoire, le melon de Lansargues sera encore plus riche en nutriments et donc en goût.

Vous voulez semer votre graine ?

Il n’y a pas à tortiller. Rejoignez le mouvement Pour une Agriculture du Vivant:

 

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