Les premières Rencontres Internationales de l’Agriculture du Vivant

L’agroécologie pour viser la Santé Unique de la Planète

Du 20 au 24 février 2019, plus de 1 700 auditeurs dont 65% d’agriculteurs représentatifs de toutes les filières, 65 intervenants, ou encore de nombreux internautes ont suivi les premières Rencontres Internationales de l’Agriculture du Vivant, qui ont pris place à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Partant d’un constat clair selon lequel 95% des sols agricoles perdent de la matière organique et de la fertilité, stockent du carbone et ne produisent plus de vie, réduisant à néant toute chance pour l’agriculture de répondre au défi climatique, un consensus a pu émerger : tendre vers des sols vivant et l’agroécologie pour inverser cette tendance.

Au travers des discussions, des conférences et des tables rondes, les Rencontres ont permis de faire ressortir trois points positifs.

Tout d’abord la convergence des mentalités sur l’idée d’un socle agronomique commun fondé sur l’agroécologie et les sols vivants comme seul modèle possible. L’ensemble des acteurs s’accorde à dire que couvrir de manière permanente les sols, les nourrir et réintégrer les arbres dans les systèmes représentent les clés de l’agroécologie et par conséquent, la voie vers la Santé Unique de la Planète. Comme l’exprime Arnaud Daguin, « la santé de la planète c’est la santé de sols, des produits, des végétaux, la santé des animaux et la nôtre, et celle des territoires socio-économiques dans lesquels nous sommes ». Selon lui, l’avenir de l’agriculture, et plus largement de l’humain, réside dans le passage du modèle agricole actuel à l’agroécologie, de la réconciliation des hommes avec le système qui l’entoure. Le sol vivant représente, selon lui, le socle de l’agriculture de demain.

De plus, le second aspect positif relevé lors de ces Rencontres réside dans l’engagement toujours plus conséquent des agriculteurs dans la transition vers des sols vivants. L’exemple d’Andrew Cocup illustre bien ce phénomène. Paysan-boulanger bio, issu du monde musical, il cultive du blé ancien en ne s’appuyant que sur des sols vivants et fertiles, sans aucune béquille chimique ou organique. Suivant le même point de vue qu’Arnaud Daguin, celui-là demeure persuadé que ce modèle, au-delà d’être la réponse aux questions environnementales actuelles, permettrait, demain, de nourrir l’humanité.

Enfin, le troisième point émergeant de ces Rencontres est celui du possible retour à la fertilité par la restauration des sols. En effet, préférer couvrir les sols plutôt que de les retourner semble être l’un des moyens de réussir la transition vers l’agroécologie et, de facto, tendre vers santé unique. Depuis 1990, Lydia et Claude Bourguignon s’attachent à fournir aux agriculteurs des outils leur permettant de restaurer leurs sols afin de retourner leur fertilité naturelle, notamment en abandonnant le labour. Préserver la faune présente dans les sols représentent, selon eux, la solution pour obtenir des sols vivants. Par conséquent, le labour comme les intrants ne font qu’appauvrir cette faune pourtant essentielle aux surfaces agricoles.

Afin d’atteindre ces trois objectifs, les Rencontres ont permis de dégager des méthodes pour généraliser et faire progresser ces pratiques agricoles d’avenir. Celles-ci allient les bienfaits en matière d’environnement, de biodiversité, de séquestration de carbone, de filtration de l’eau, d’augmentation des revenus et de production d’une alimentation saine et en grande quantité.

Marc-André Selosse nous projette lui dans le monde des microbes et de champignons. Il temps de reconsidérer le vivant dans toute sa complexité depuis les sols jusqu’aux produits et au microbiotes. Selon lui, tendre vers une grande santé de la Planète passe par « la présence de microbes dans les sols, les plantes, les animaux,les hommes et les pratiques culturelles ». De ce fait, les conséquences de ces pratiques sont également louables au niveau de la valeur nutritive des aliments ainsi que de leur qualité, bénéficiant ainsi aux hommes directement.

Être bio c’est bien, être en conservation de sols c’est louable. Mais progresser ensemble vers une agriculture qui remet l’écologie et la fertilité des sols au cœur de l’action de production, c’est un objectif de progrès à réaliser de manière collective.

 

Pour une Agriculture du Vivant​, mouvement né de la volonté d’agriculteurs pionniers, va continuer de réunir en 2019 l’ensemble des forces motivées pour rendre concrète la transition alimentaire et agricole, en lien avec tous les acteurs de la chaine agro-alimentaire. Au cœur du dispositif : une confiance retrouvée autour de référentiels agricoles communs, partagés et open-source